Si l’on estime en général qu’elle débuta il y a plus de 10.000 ans avec la civilisation Jōmon, on considère 1213_Kamakura_1qu’une des premières grandes dates de l’Histoire de l’Empire du Soleil Levant se situe au 6ème siècle, avec l’introduction en provenance de Chine et de la Corée, du Bouddhisme
(voici le Grand Bouddha de Kamakura, statue de 13m de haut fondue vers 1250) et de l’écriture,
les idéogrammes ou kanji, littéralement « caractères chinois ».

Puis un siècle plus tard, la présence du régent Shōtoku Taishi qui 14_Sh_toku_Taishientrepris de nombreuses réformes politiques, contribua fortement à développer la 16_idem_Kondoculture et l’éducation, et fut notamment à l’origine de la construction de nombreux temples, dont le plus remarquable est le temple Hōryūji, à Nara, considéré aujourd’hui comme le bâtiment en bois le plus ancien du monde.
S’en suivirent une succession d’ères dont les changements indiquent le plus souvent un changement de capitale, Nara, Kyōto ou encore Kamakura, qui vit à la fin du 12ème siècle, l’avènement de clans, de grandes familles, qui formèrent des gouvernements militaires ou shogunal qui allaient durer près de 700 ans, jusqu’à l’ère Meiji en 1868.

L’un de ces clans ou dynasties les plus célèbres est sans doute celui des Tokugawa, dont le premier shôgun 17_TokuIeyasu prit le pouvoir et installa son gouvernement à Edo en 1603. L’ère dite d’Edo, ancien nom de Tōkyō, allait durer près de 270 ans, avec comme fait marquant la fermeture quasi complète du pays à l’étranger et au commerce international (Sakoku), à une seule exception près, l’île de Dejima en face de Nagasaki. Une période relativement paisible, qui vit le développement des arts de toutes sortes, et durant laquelle le développement économique et commercial ainsi que celui d’un mode de vie urbain très sophistiqué mirent de plus en plus en évidence l’archaïsme du système féodal mis en place par les Tokugawa. CommodoreMatthewPerryCelui-ci fut définitivement voué à la chute lorsque, sous la pression de l’amiral Perry qui obligea le gouvernement à ré-ouvrir ses frontières au commerce international en 1853, eut lieu la rencontre d’un pays quasi féodal avec l’Ouest et ses technologies avancées. Le Japon se retrouva dans l’obligation de rattraper les pays occidentaux, ce qu’entreprit de faire l’empereur Meiji dès 1868 : c’est à cette date que l’on situe le début de l’ère moderne du Japon.

J'aimerais compléter ce rapide survol des grandes lignes historiques en vous parlant de quelques grandes figures ou événements entrés dans la légende du pays. Les connaître peut être profitable à un étranger, et notamment à un homme d'affaires qui voudrait susciter l'admiration de ses partenaires japonais... Je pense utile de vous narrer l’histoire des 47 rōnin et vous raconter la célèbre vengeance des samourais d'Akō après le suicide ou seppuku imposé à leur seigneur. Parce que celui-ci, ne supportant pas l’outrage et les injures que lui avait fait un grand fonctionnaire du palais du Shōgun, avait tiré son sabre dans l’enceinte du Palais et l’avait blessé. Les 47 rōnin (samourai sans maître) décidèrent de le venger 10 ans plus tard en décapitant ce haut fonctionnaire. Puis, sur l’ordre du 18_Sengakuji_tombes_des_47_ronins_1Shōgun qui ne pouvait pardonner cet assassinat même s’il le considérait comme héroïque, ils se donnèrent aussi la mort. Nous étions au tout début des années 1700, et aujourd’hui, leurs tombes se trouvent encore dans le temple Sengakuji à Tōkyō, dans le quartier de Shinagawa et c’est un haut lieu du tourisme historique au Japon.

Je voudrais également évoquer la mémoire de Miyamoto Musashi, sans doute le samourai le plus connu au Japon. Né en 1584, il participa très jeune à l’une des batailles les plus célèbres au Japon, la bataille de Sekigahara en 1600, contre les troupes de Tokugawa Ieyasu. Battu, il devint un rōnin, un samourai sans maître, et erra à travers le Japon en profitant de cette période pour peaufiner une méthode de combat à deux sabres, le « nitō-ryū », qui lui permit de remporter de nombreux duels (plus de 60 dit-on…) et de devenir un maître d’armes réputé, qui fut même finalement engagé par ses anciens adversaires au service du Shōgun Tokugawa. Auteur d’un célèbre « Gorin no sho » ou Livre des cinq 19_Miyamoto20_Livre_Pierrecercles sur les arts martiaux ou encore peintre reconnu, sa vie fut portée de nombreuses fois à l’écran (on le voit ici incarné par Mifune Toshirō, l’un des plus célèbres acteurs japonais) et racontée dans de nombreux livres, dont le roman et best seller (tiré à plus de 120 millions d’exemplaires à travers le monde !…) de Yoshikawa Eiji intitulé « La Pierre et le Sabre ».



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